Dans le milieu communautaire au Québec, la fidélisation des employé·es reste l’un des grands défis du moment. On parle souvent de recrutement, mais beaucoup moins de ce qui permet à une équipe de rester soudée, engagée, et de traverser les tempêtes sans se briser. Pourtant, dans les OBNL, tenir dans la durée, ce n’est pas un luxe. C’est une condition de survie.
Chaque fois qu’un·e intervenant·e quitte, ce sont des liens à reconstruire, un accompagnement à reprendre, une dynamique d’équipe à rééquilibrer. Ça fatigue tout le monde. Ça fait perdre du sens. Et ça rend le travail encore plus difficile pour celles et ceux qui restent.
Alors, comment garder ses employé·es motivé·es quand les salaires sont bas, que les subventions arrivent au compte-gouttes, et que la fatigue émotionnelle s’installe ?
Voici une réflexion concrète, ancrée dans les réalités des organismes communautaires québécois, pour transformer la stabilité en moteur d’engagement.
Pourquoi la fidélisation est une priorité pour les OBNL
Dans bien des OBNL, le roulement du personnel est devenu la norme. Les contrats précaires, le manque de reconnaissance et l’intensité des missions entraînent des départs fréquents. Pourtant, chaque départ a un coût invisible : perte d’expertise, tensions internes, décrochage des usager·ères.
Mais il y a plus : la stabilité d’une équipe, c’est aussi un facteur de qualité dans l’intervention. Des employé·es qui se connaissent, qui partagent une culture commune, qui ont confiance dans leur organisation… ça change tout.
Fidéliser, ce n’est pas « garder à tout prix ». C’est créer les conditions pour que quelqu’un ait envie de rester.
Trois pratiques concrètes pour faire durer une équipe
Pas besoin de promesses impossibles ni de charte RH en 12 points. Parfois, des gestes simples et réguliers peuvent faire la différence dans la fidélisation.
1. Reconnaître les efforts, pas juste les résultats
Dans les OBNL, le travail est souvent invisible. Ce n’est pas une réussite mesurée en chiffres, mais en petits gestes, en relations humaines, en confiance gagnée.
Dire merci pour un accompagnement difficile. Souligner un effort dans une réunion. Offrir un café un jour de pluie. Ce sont ces marques de reconnaissance qui donnent envie de rester.
2. Créer des espaces de parole réguliers
Une équipe qui tient, c’est une équipe qui parle.
Une fois par mois, prévois un temps où tout le monde peut dire ce qu’il vit, ce qui l’inquiète, ce qui l’use.
Ce n’est pas une « boîte à plaintes », c’est un espace pour prévenir l’usure, ajuster la charge de travail, ajuster la posture managériale si besoin.
3. Ouvrir une vision d’avenir, même modeste
Les OBNL ne peuvent pas toujours offrir des promotions ou des hausses de salaire. Mais ils peuvent offrir de la projection. Une formation, une implication dans un projet, une reconnaissance de compétences… ça suffit parfois à créer un sentiment d’appartenance et à faire durer l’engagement.
La fidélisation comme projet politique et humain
Il ne s’agit pas seulement de réduire le roulement ou d’éviter un nouveau processus d’embauche. Il s’agit de prendre soin de son équipe comme on prend soin de sa mission.
Une équipe fidèle, c’est une équipe stable, créative, capable de soutenir les autres sans s’effondrer.
C’est une équipe qui incarne les valeurs de l’OBNL jusque dans son fonctionnement interne.
Et c’est peut-être là que se joue la cohérence : entre ce qu’on fait pour les autres, et ce qu’on s’autorise à faire pour nous-mêmes.
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