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Reconnaître l’usure relationnelle en intervention psychosociale

par Ahmed | Jan 4, 2026 | Blog, Développement professionnel, Formation continue, Mentorat, Travail d'équipe, Travail social | 0 commentaires

Quand la relation devient lourde : reconnaître l’usure relationnelle en intervention psychosociale

 

Il y a des journées où tout se passe « correctement ».
Les rencontres s’enchaînent. Les personnes sont là. Le cadre est respecté.

Et pourtant, quelque chose est plus lourd.

Pas une crise, ni un conflit. Juste une fatigue diffuse, une impatience inhabituelle, une envie que la rencontre se termine plus vite que d’habitude.

Si ça vous arrive, vous n’êtes ni seul·e, ni incompétent·e.

Vous êtes probablement face à ce qu’on appelle l’usure relationnelle.

Ce texte s’appuie sur des situations vécues en intervention psychosociale, en supervision clinique et en formation auprès d’équipes du milieu communautaire

Ce que c’est (et ce que ce n’est pas) ?

L’usure relationnelle ne vient pas d’un manque de motivation.
Elle ne signifie pas que vous n’aimez plus votre travail.
Elle n’est pas non plus un échec professionnel.

Elle apparaît souvent quand :

  • les situations se répètent

  • les récits tournent en boucle

  • les marges de manœuvre sont limitées

  • et que la relation devient plus exigeante que ce qu’elle apporte.

Ce n’est pas la personne qui est « trop ».
C’est la charge relationnelle cumulative qui commence à peser.

Comment elle se manifeste sur le terrain ?

L’usure relationnelle se reconnaît rarement de façon spectaculaire.
Elle se glisse dans de petits signaux :

  • une impatience intérieure que l’on n’avait pas avant

  • une écoute plus mécanique

  • une difficulté à reformuler avec la même présence

  • une envie de « faire avancer » à tout prix

  • ou, à l’inverse, un sentiment d’impuissance

Ces signaux ne disent pas que vous êtes mauvais·e intervenant·e.
Ils disent que quelque chose demande à être ajusté.

Pourquoi on a tendance à ne pas la nommer ?

Dans les milieux d’intervention, on valorise beaucoup :

  • l’engagement

  • la disponibilité

  • la capacité à tenir

Nommer que la relation devient lourde peut faire peur.
On craint d’être jugé·e, de manquer d’humanité, ou de « ne plus être à la hauteur ».

Résultat : on encaisse, on continue et l’usure s’installe en silence.

Un 1er ajustement simple, mais puissant

Quand la relation devient lourde, le réflexe est souvent de chercher quoi faire de plus ?

  • une nouvelle piste

  • une nouvelle intervention

  • une nouvelle stratégie

Et si l’ajustement n’était pas d’en faire plus, mais de changer l’objectif de la rencontre ?

Passons de

« IL FAUT QUE ÇA AVANCE »

à : « IL FAUT JUSTE QUE JE SOIS LÀ »

Être présent·e, sans vouloir réparer, débloquer ou transformer.
Accueillir, sans pression de résultat.

Paradoxalement, cette posture :

  • allège la relation

  • réduit la fatigue

  • et redonne souvent plus de justesse à l’intervention.

Ce que vous pouvez vous dire intérieurement

Quand vous sentez l’usure monter, essayez cette phrase simple :

« Je n’ai pas besoin de résoudre aujourd’hui pour être utile. »

Elle ne règle pas tout.
Mais elle enlève une partie du poids.

Pour terminer

L’usure relationnelle fait partie du travail d’intervention. La nier ne la fait pas disparaître.

La reconnaître permet déjà de ne pas la porter seul·e.

Si ce texte vous parle, prenez-le comme un point d’appui, pas comme une injonction.
Et si vous en avez l’occasion, parlez-en avec un·e collègue, en supervision ou en équipe.

À qui s’adresse cet article ?

Il s’adresse aux intervenant·es psychosociaux·ales, travailleur·euses de rue, éducateur·rices, intervenant·es communautaires et professionnel·les de la relation d’aide confronté·es à la fatigue relationnelle dans leur pratique quotidienne.

Tenir dans la durée, ce n’est pas être inépuisable.
C’est apprendre à ajuster, encore et encore. 

Ces situations sont souvent abordées en supervision clinique ou en formation.

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